Nous sommes invisibles – Edmond Jabès

Quand tu es loinil y a plus d'ombredans la nuitil y aplus de silenceLes étoiles complotentdans leurs cellulescherchent à fuirmais ne peuventLeur feu blesseil ne tue pasVers lui quelque foisla chouette lève la têtepuis ululeUne étoile est à moiplus qu'au sommeilet plus qu'au cieldistant absentprisonnière hagardehéroïne exiléeQuand tu es loinil y a plus de cendresdans... Lire la Suite →

ETOILE, RESTE UNE ETOILE°

"Grande fleur des forets, grande fleur cicatrisante ouvre toi chaude, ouvre-toi rouge sur ma tête araigneuse ; je ne veux faire de toi qu'une grande fenêtre sans vitre de soleil et de musique ; ouvre-toi en robe nocturne, en rose de feu, en notes aiguës de pierre de feu, toi qui gardes vraiment ce cri... Lire la Suite →

Auberge – Pierre Reverdy

Auberge Un œil se fermeAu fond plaquée contre le mur la pensée qui ne sort pasDes idées s'en vont pas à pasOn pourrait mourirCe que je tiens entre mes bras pourrait partirUn rêveL'aube à peine née qui s'achèveUn cliquetisLes volets en s'ouvrant l'ont abolieSi rien n'allait venirIl y a un champ où l'on pourrait encore... Lire la Suite →

Les danses nocturnes – Sylvia Plath

Les danses nocturnes Un sourire est tombé dans l'herbe.Irrattrapable! Et tes danses nocturnes, où iront-ellesSe perdre. Dans les mathématiques? De tels bonds, des spirales si pures –Cela doit voyager Pour toujours de par le monde, je ne resterai donc pasTotalement privée de beauté, il y a ce don De ton petit souffle, l'odeur d'herbeMouillée de... Lire la Suite →

Le Guetteur mélancolique

Et toi mon cœur pourquoi bats-tu ?Ô toi, mon cœur Afrique entonneLe chant d’un vieil arbre abattu ;De son bois un djembé résonneDans la mangrove au souvenirBaignant l’enfance en devenir.Las ! que ma forêt me pardonne ! Du bois de l’arbre est la pirogueOù doucement l’enfant s’endort ;Dérive, insouciance, et vogue,Le fleuve et ses reflets... Lire la Suite →

Je suis verticale – Sylvia Plath

JE SUIS VERTICALE Mais je voudrais être horizontale.Je ne suis pas un arbre dont les racines en terreAbsorbent les minéraux et l’amour maternelPour qu’à chaque mars je brille de toutes mes feuilles,Je ne suis pas non plus la beauté d’un massifSuscitant des Oh et des Ah et grimée de couleurs vives,Ignorant que bientôt je perdrai... Lire la Suite →

L’union libre – André Breton

L’Union libre Ma femme à la chevelure de feu de boisAux pensées d’éclairs de chaleurA la taille de sablierMa femme à la taille de loutre entre les dents du tigreMa femme à la bouche de cocarde et de bouquet d’étoiles de dernière grandeurAux dents d’empreintes de souris blanche sur la terre blancheA la langue d’ambre... Lire la Suite →

Nuit – René Crevel

Doucement pour dormir à l’ombre de l’oublice soirje tuerai les rôdeurssilencieux danseursde la nuitet dont les pieds de velours noirsont un supplice à ma chair nueun supplice doux comme l’aile des chauves-souriset subtil à porter l’effroidans les coins où la peau se fait craintive, émuepour mieux aimer, pour avoir peurd’un autre corps et du froid.Mais... Lire la Suite →

Desnos, Delvaux et les sirènes

Ma sirène est bleue comme les veines où elle nage Pour l’instant elle dort sur la nacre Et sur l’océan que je crée pour elle Elle peut visiter les grottes magiques des îles saugrenues Là des oiseaux très bêtes conversent avec des crocodiles qui n’en finissent plus Et les oiseaux très bêtes volent au-dessus de... Lire la Suite →

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