On parle des Editions Hexen

HEXEN : la naissance d’un Cabaret Littéraire Nomade

Le terme « Cabaret » a une histoire, du simple débit de boisson (18/19e siècle) au lieu de spectacle populaire où l’on peut boire et manger (La Belle Meunière, Les Folies Bergères, le Lido, etc.), qui devint aussi lieu de rencontres d’artistes et poètes comme le célèbre Chat Noir à Montmartre, attirant aussi bien un public de bourgeois venus s’encanailler que des gens du peuple, le verre de vin n’y étant pas cher. C’est là que naquit le « Cabaret-concert » avec la « chanson de cabaret » (Aristide Bruant) style de poésie populaire dont héritera une grande part de la chanson française (Piaf, Brel, Greco, Barbara…)

La revue Hexen tire sur ce fil en lançant l’idée d’un « Cabaret littéraire » itinérant, qui en est à sa deuxième expérience : la première à La Guillotine à Montreuil, la seconde au Scénobar à Ménilmontant : chant baroque sauvage, parole crue, évocation historico-poétique des sortilèges du vieux Paris, piano ultra-sensible, Euridyce en personne, flûte japonaise, trompette bouchée et tambour… Les passages se succèdent, il y a du verbe, de la voix, du corps, et parfois de ces instants de fins silence où l’on savoure l’élixir du présent… le tout entrecoupé de pauses pour faire connaissance autour d’un verre.

Le lieu s’y prêta à merveille : à deux pas du métro, le Scènobar « c’est une scène avec un bar », comme l’explique Christel qui – routière de la scène – conçut récemment cet espace dans l’intention d’y favoriser les rencontres entre artistes, avec quelques chaises, canapés et tables, une belle scène noire occupant le fond de la salle, une acoustique impeccable, des projos… et un bar.

Et un public. La forme « Cabaret » est médiane entre le grand spectacle et une soirée entre amis, la proximité invitant le public à une participation complice d’une toute autre nature qu’en grand public. L’acoustique du lieu – pas trop grand – favorise ces moments rares d’écoute à l’unisson, où soudain être humain vaudrait la peine. De plus, Christel autant qu’Hexen attirent du beau monde, de ceux que la parole travaillent au corps, musiciens, poètes, écrivains, comédiens, et c’est justement ça qui m’a rappelé le Chat Noir, et donné envie de poster ce petit mot. Cela fait des années que je fais de la scène, et des années que je n’avais passé si belle soirée : pouvoir jouer librement ce qui me passe par la tête.

La poésie à pour objet une matière hautement radioactive, au potentiel explosif impensable : la parole. Ce n’est pas par hasard si elle est le plus pauvre des arts : elle se tient en retrait, son lieu est un non-lieu, en-deça du jeu des valeurs qu’elle met en jeu, en cette faille du sens d’où sourd le sens, elle rend à la parole liberté sur parole. Libre comme l’air. Ce soir là, l’air vibra chaud… Hexen devient donc laboratoire poétique ouvert au public, et c’est vraiment une belle idée. Je crois que la prochaine est pour bientôt, probablement cette fois-ci sous la forme simple d’un récital avec Valéry Meynadier à la voix, Jean-Éric à la trompette et moi aux flutes et percussions, dans un autre lieu propice, haut-lieu du Jazz : le Babilo. Ferai signe… 😉

– D.B.-

© Tous droits réservés Dominique Bertrand

https://www.agora.paris/+-Dominique-Bertrand-+.html

Le Cabaret Hexen en images

Nous remercions aussi Lila Lakehal pour ce beau résumé en images de la soirée de lancement de la revue Hexen :

revue hexen cabaret poétique hexen lila lakehal

« Présences, souvenirs, traces d’une exquise soirée cabaret poétique @editionshexen hier aux @lespianos_officiel
D’autres photos et vidéos à venir…
I feel I was -re-born a poet yesterday mmmmhhh 🌹🐚🙏
Vive les Arts BIEN VIVANTS
 »

Lila Lakehal sur Instagram : lila_ohlala
Et son site personnel d’auteure, « jardin d’essais littéraires et poétiques » : https://undieuquidanse.wordpress.com/

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article éric dussert revue hexen

« En guise d’hommage à Adrienne Savatte dont la disparition, lundi dernier, a attristé ses lecteurs, voici quelques informations poétiques.

Des recueils nouveaux, neufs ou en nouvelle édition, il en est : Emmanuel Moses (Il était une demi-fois, Lanskine), Frédéric-Jacques Temple (La Chasse infinie, Folio, qui n’est pas que spirituelle, Temple aime bouger), etc. Et puis on en attend de plus singuliers : la coruscante Sophie Martin chez Flammarion (Classés sans suite, mars), Valérie Rouzeau à la Table Ronde (mars) dans un exercice nouveau de l‘Ephéméride, etc. L’Ours blanc en publie d’Anglosaxons (Peter McCarey et Russell Edson), et une revue nouvelle se signale aussi. Elle s’intitule Hexen et promet de se muer en maison d’édition. On lui souhaite bon courage dans ce monde de brutes. On peut lire à son sommaire beaucoup de monde, et pas seulement des vivants. Entre Valéry Meynadier et  « Petit Etre » au sobriquet plein de promesses, on trouve Joséphine LanesemDavid NadeauLila LakehalDominique BertrandAna OrozcoJean-Raphaël PrietoRobert FérilletThéasar du Jin au pseudonyme d’autrefois qui est peut être un clin d’oeil à Alphonse Allais, Claire GillieFrancine Charron et le tout largement illustré par Albert Woda et plusieurs autres. Hexen (131 pages, 9 €) est une revue patchwork où l’on se prend au jeu, piochant de ci, de là, des fragments et des tentatives aussi variées qu’on peut l’imaginer. Ana Orozco défait sa pelote tandis qu’un jeune homme pataphysique à loisir et que Valéry Meynadier qui donne sa version du Dit d’Eurydice tresse des scènes tendrement jetées où l’on découvre, mince de surprise, une « dégueulimancienne » du plus original effet. La poésie et les poètes n’ont pas fini de nous surprendre. En attendant de pouvoir lire, réunis, les vers d’Adrienne Savatte, lisons tous les autres. »

© Tous droits réservés Eric Dussert

Extrait d’une série de portraits d’artistes confrontés au confinement par la revue Bancal ; celui-ci dédié à Valéry Meynadier, rédactrice en cheffe de la revue Hexen :

L’obligation de rester chez toi te rend-elle plus prolifique ? Au contraire, l’enfermement et l’isolement t’empêchent-ils de pratiquer ton art ?

Je ne me sens pas obligée de rester chez moi car je reste toujours chez moi, à mon bureau, en vieille ermite, sauf quand je sors mon chien ou quand je vais griffonner, biffer, aux terrasses de café… Sauf, quand je vais nager. Sauf quand je fais des performances avec le Cabaret Hexen, au ScenoBar, à la Guillotine -Salle des Pianos, au Bab Ilo… Sauf, quand je rencontre Jos Volpe (Ndlr : José-Maria Burnel) pour peaufiner la Revue Hexen, dont je suis la rédac en chefesse. On se rencontre au café, à la Brasserie de la Croix de Chav’, autour d’une bière Black IPA aux notes rousses & amères…
© Tous droits réservés Revue Bancal

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