Le numéro 2 de la revue Hexen est disponible : sommaire !

Une réimpression caniculaire, 200 pages, une multitude d’artistes au rendez-vous : c’est enfin le numéro 2 de la revue Hexen qui sort juste de l’imprimerie.. Et déjà en ligne ici : revue Hexen numéro 2

Au sommaire :

Éric Dussert // Codicophilie
Jean-Marc Flapp // La Tour
Joséphine Lanesem // Contre la mort
Petit-être // écoute claquer les drapeaux noirs
Ivan de Monbrison // Opus 2.4.6
Daniel Cabanis // Disons que Marthe est morte
James Fleann // HP3
Evgue-Riek Gevamagdala // Sous la tour blanche
Paul Elisia // Étranges hôtels
DOSSIER SPECIAL NELLY ARCAN
Lilas Bass // Nelly Arcan, écrivaine de la marge ultralucide
Virginie Foloppe // Nelly Arcan – Une utilisation féministe de la psychanalyse
Œuvres d’Arcan
Éclats de Nelly Arcan
Biographie
Principaux travaux sur Nelly Arcan
Ruth Nahoum // La Pudeur
Lisa Santos Silva // La vie en rose
Étienne-Marcel Dusssap // Forcipressure
Jean-René Vif // Scènes de la vie de Heidegger
Jeanne Miromensil // Désamour
Viviane Campomar // La légende de l’Érogisante
Valéry Meynadier // Poèmes
Angela Fortin // Hard Disk
Lila Lakehal // L’aube est l’X
Virginie Foloppe // Petite, fais voir comment tu es grande
Marina Giangregorio // Bois et mots flottés
Clélia Gabyrel // Clé d’ogive
Lilas Bass // Les larmes aussi ont une fin
Félix Fénéon // Illuminations

Couverture : Ruth Nahoum

200 pages
16x23cm

Merci mille fois de votre patience et compréhension en ces temps difficiles.

L’anniversaire – Lisa Santos Silva

« Le sang Celte, Romain, Lusitain et tant d’autres, ont fait d’elle une femme à la force archaïque. De peau claire et cheveux sombres, qu’elle porte longs et souvent tenus par des peignes, Palmira a l’habitude de regarder droit devant. Quelque chose en elle agace pourtant, une fierté, peut-être, ou bien ses boucles d’oreille en or, va savoir…

Palmira a connu la disparition du monde qui l’a vu grandir sous les tropiques, elle a connu la guerre, des révolutions, a participé à des commencements historiques, elle a inspiré des artistes :
« ….
Toi
cristal pointu
Sans gaine,
les angles saillants
lueur frêle et froide
d’arme blanche
…. 1) »
[…]
Partout où elle passait, Palmira dressait désormais de petits ou grands reliquaires du culte des êtres disparus, de ses maisons hantées, de ses bonheurs et de ses joies, une manière de narguer le temps, de narguer le destin. Quelque chose de l’animisme des tropiques avait pénétré son âme. L’une de ses amies disait d’elle que Palmira était la prêtresse de son propre culte… Se sentait-elle toujours menacée ? Oui, bien sûr. »

Extraits de L’anniversaire, de Lisa Santos Silva, publié chez Maliciosa Alta Éditions

Sur l’image, le catalogue et cartes postales de Metamorfoses do Albatroz, exposition consacrée à Lisa Santos Silva au Museu Nacional do Traje (Musée National du Costume) à Lisbonne.

Merci mille fois à l’artiste pour cet envoi ! Nous la retrouverons dans les pages de la revue Hexen numéro 2 et 3.

  1. Eurydice Trichon Milsani, in 25 Poèmes pour L, 1985

Petit rappel du prochain cabaret Hexen, aujourd’hui, le 7 mai 2020 à 17h

Bonjour !

J’espère que vous allez bien. Revoici les codes pour se connecter à notre Visioconférence-Cabaret d’aujourd’hui jeudi 7 mai à 17h :

REVUE HEXEN vous invite à une réunion Zoom planifiée.

Sujet : Revue Hexen
Heure : 7 mai 2020 05:00 PM Paris

Participer à la réunion Zoom
https://us04web.zoom.us/j/79625570410

ID de réunion : 796 2557 0410

A tout à l’heure, je l’espère !



© Vassily Kandinsky Couple à cheval (1906)

Couverture du numéro 2 de la revue Hexen

Couverture définitive du numéro 2 de la revue Hexen, photographie signée Ruth Nahoum. Disponible le 1er mai 2020.
© Ruth Nahoum

Sommaire du numéro 2 de la revue Hexen

Avant tout, toutes nos pensées vives à vos proches en cette période affreusement douloureuse.

Le numéro 2 de la revue Hexen sera en librairie et en ligne le 1 mai 2020.

Voici le sommaire :

  • Couverture de Ruth NAHOUM
  • Textes et images de :
  • Valéry MEYNADIER
  • Eric DUSSERT
  • Jean-Marc FLAPP
  • Daniel CABANIS
  • Joséphine LANESEM
  • Lilas BASS
  • Adrien LHOSTE
  • Claire GILLIE
  • Marine GIANGREGORIO
  • Ivan de MONBRISON
  • Paul ELISIA
  • JeanDo CARDI
  • Angéla FORTIN
  • Viviane CAMPOMAR
  • Lila LAKEHAL
  • Petit-ETRE
  • Virginie FOLOPPE
  • Lisa SANTOS SILVA
  • Jane MIRO
  • Evegue-Riek GEVAMAGDALA
  • Dominique BERTRAND
  • Jos VOLPE
  • Robert FERRILET
  • Etienne-Marie DUSSAP
  • Jean-René VIF
  • Giulia MAUDE
  • Ruth NAHOUM
  • Patricia ROSNAY
  • Jean-Eric MANDENGUE
  • James FLEANN
  • Félix FENEON

TOUTES les ventes de la revue seront intégralement reversées aux services hospitaliers.

Dès la sortie de la période de confinement, un spectacle du Cabaret Hexen aura lieu dans le 5e arrondissement de Paris. D’ici là, restez chez vous, protégez ceux que vous aimez. On se reverra vite, c’est évident. Courage et merci encore de vos messages de soutien.

miro juan

© Joan Miró

La vie en Rose – Lisa Santos Silva

« Sans autel ni sainteté, je suis chargée de plomb et de balles qui me transpercent le corps, et les chiens et les loups y viennent manger des restes glorieux d’un soleil d’éternité. Un soleil qui brilla jadis, aimant et lucide pour apprivoiser ce corps rebelle aux caresses furtives. »

Lisa Santos Silva

Extrait de La vie en Rose de Lisa Santos Silva, peintre exposée notamment à la FIAC et invitée au Centre Pompidou à Paris, texte évoquant avec pudeur, insolence et beauté les fêlures physiques et la force inébranlable d’artistes tels que Carson McCullers, qui sera publié dans le numéro 2 de la revue Hexen (mai 2020).

Lisa Santos Silva nous offre aussi ce subjuguant autoportrait tiré de ses Métamorphoses de l’Albatros :
Lisa Santos Silva, peintre revue hexen

« Avec ces Métamorphoses de l’Albatros, Lisa Santos Silva éclaire son parcours initiatique en nous livrant, non sans courage ni lucidité, l’objet fondateur de son imaginaire. Sa mise en scène, qui a la même envergure que sa carrière d’artiste, déploie cet objet comme la source première de son émotion esthétique. Une cape, entourée d’une aura, taillée dans un albatros né en terre africaine. Une cape vivante qui engendra ses rituels et qui suivit un lent processus avant d’entrer dans la maison pour hanter l’armoire de sa mère. Une cape admirée de près ou de loin, sur le corps de sa mère, sur une chaise, et plus tard sur son propre corps. Lisa Santos Silva s’est glissée dans ce cocon de plumes d’Albatros, dans la fluide douceur de son duvet, au fil d’un rêve qui dura jusqu’à ce qu’elle en fasse don à notre musée, en concevant cette installation pour l’exposer. »
Madalena Braz Teixeira, extrait du catalogue de Metamorfoses do Albatroz, installation au Musée du Traje, Lisbonne 2004 – Photo António Sena da Silva

Jack-Alain Léger dit à propos de sa démarche dans L’INFINI N°82 – Gallimard :

« Lisa Santos Silva
Porto – 2003

« Car le beau n’est rien que le commencement du terrible… »
Rainer Maria Rilke

Finie, la comédie. La camisole de force qu’on passe aux fous furieux pour les mater, pour les retenir de se mutiler, pour éviter qu’ils attentent à leur vie, la camisole de force est ici inutile : le corps humain est la camisole dans laquelle, homme ou femme, homme et femme à la fois, chacun est engoncé quand il souffre – le torse sanglant dont chacun se sent prisonnier, privé de ses bras,de ses mains, désarmé, asexué par sa souffrance. Ces nobles personnages qui posaient pour leur portrait peint par Lisa Santos Silva jouaient naguère encore tant soit peu de leur vanité, à tous les sens : pictural, moral, spirituel, du mot vanité. Ils paradaient jusque dans leur détresse.Des débris du surmoi, des lambeaux de dentelles restaient accrochés à l’os. L’or, la moire, le velours, le taffetas froissé nacraient les glacis. Subsistait sur la toile, comme autant de repentirs,des traces de leurs plaisirs; passés. Leur goût de la gloire, de l’apparat se devinait. Leur volonté secrète de demeurer, jusqu’au bout, des personnages en effet… Ils se souvenaient d’avoir posé,sérieux comme des papes, sérieux et aussi peu innocents que l’innocent X, de Velazquez, pour des peintres de cour, à Ia Renaissance, ou au Siècle d’or. Le souci de leur dignité leur tirait toujours une vague grimace, un faux sourire, proche du rictus. Ils auraient pu faire leur la devise de Rimbaud: La vie est la farce à jouer par tous.

Mais, finie la comédie. Les armures défaites, les corsets délacés, les voici dépouillés de leurs ultimes défenses et représentés, par souci de réalisme, en martyrs, leur dignité fondamentale retrouvée.

{…] Le terrible, ici, est l’aboutissement du beau. »

La Rêveuse, oeuvre kaléidoscopique de Lisa Santos Silva, est visible ici :

LA RÊVEUSE from lisa santos silva on Vimeo.

Lisa Santos Silva anime aussi quotidiennement une page Instagram : https://www.instagram.com/lisasantossilva/