Aujourd’hui 1er mars au SCENOBAR

CE SOIR, à partir de 17h, dimanche 1er mars, scène littéraire et musicale (6 Rue Victor Letalle, 75020 Paris, métro Ménilmontant, ligne 2), au cœur du SCENOBAR (merci de nous accueillir !).  Et au plaisir de vous y retrouver !
revue hexen le scenobar cabaret

© Le scenobar

 

Sommaire du premier numéro de la revue Hexen

Au sommaire du numéro 1 de la revue Hexen, nous retrouvons :

Valéry Meynadier || La nuit fossile ___ 9
Joséphine Lanesem || Récits de rêve ___ 25
Lila Lakehal || Le rêve de la femme du pêcheur ___ 31
Dominique Bertrand || C’est la mer ___ 39
Ana Orozco || Je défais la laine ___ 45
Jean-Raphaël Priecouverture albert woda projet1to || Le Sang danse ___ 49
Robert Férillet || Nostalgie de l’infundibuliforme ___ 55
Théasar du Jin || Carnets du misanthrope ___ 59
Włodzisław Szczur || Mathématique du néant ___ 63
David Nadeau || L’art sonore patasurréaliste ___ 69
Lila Lakehal || A propos de Lyoum (en ce jour) ___ 79
Claire Gillie || L’oeil au poing ___ 87
Valéry Meynadier || Le Dit d’Eurydice ___ 93
Francine Charron || Ta voix qui s’est fendue ___ 103
Petit-être || La quête d’encre et d’aimant ___ 111
David Nadeau || Officiers de la Quinte Essence ___ 129

Couverture : Albert Woda, Couple

Illustrations : Dominique Bertrand, Béatrice Bodio, Deborah
Chevalier
, Raphaël Custodis, Gemma Ferron, Daniel Gardner,
Claire Gillie, Mattheus Greuter, Hokusai, Lila Lakehal, Valéry
Meynadier
, Stefan Michelspracher, David Nadeau, Petit-être,
Ivanov Veliza, Albert Woda.

Jacques Rigaut, le suicidé magnifique

« Lors de la sonorisation de son film [Emak Bakia : « Fichez-moi la paix ou « Laissez-moi tranquille »], Man Ray choisit de ne pas mettre de musique sur les images où apparaît Rigaut, dans l’intention de donner une tonalité dramatique à cette séquence. Muette ou sonorisée, la fugace figuration de J. R. se révèle bouleversante. Rigaut descend du taxi avec une valise si petite qu’on l’imagine vide ou remplie d’objets insignifiants comme ceux qu’il collectionne. C’est l’image d’un homme las à la démarche chaloupée qui retrouve son foyer après un long voyage. Rigaut regarde vers le haut, cherchant un visage familier qui guetterait son arrivée, mais les fenêtres de la façade sont désespérément vides de toute présence humaine. Sa silhouette en contre-jour se détache telle une ombre quand il pousse la porte d’entrée de l’immeuble. Le plan suivant montre la valise ouverte avec les cols de chemise que Rigaut déchire rageusement pour les jeter sur le sol, où ils effectuent une farandole dans l’air. La caméra effectue ensuite un travelling, on découvre le visage de Rigaut, crispé, voire agacé, les dents serrés. De sa main droite, il arrache le col de sa chemise, comme s’il manquait d’air. Au même moment, à l’arrière-plan, un homme entièrement vêtu de noir entre dans la pièce en enlevant son chapeau, puis disparaît derrière un rideau. Coupez ! »

Jean-Luc Bitton, Jacques Rigaut, le suicidé magnifique, préface d’Annie Le Brun, Gallimard, 24-10-2019.

jean luc bitton annie le brun jacques rigaut le suicidé magnifique gallimard revue hexen