Le numéro 3 de la revue Hexen sortira le mois prochain : voici déjà la couverture !

Bonsoir !

Après moult péripéties, nous sommes heureux de vous annoncer la sortie du numéro 3 de la revue Hexen, nouvelle version, au mois de septembre 2021. C’est avec beaucoup de fierté que nous avons choisi d’illustrer la couverture de cette troisième édition par un dessin original signé Lucm Rezé.
Peintre dont vous pouvez consulter la somptueuse galerie en ligne ici (ainsi que ses réflexions, notes et pensées) : https://lucmreze.blogspot.com/

Ce nouvel opus de la revue Hexen s’annonce des plus riches ; voici les premiers éléments « bruts » :

Art et littérature.
Couverture originale de Lucm Rezé imprimée sur papier satiné « peau de pèche ».
Dos carré-collé.
40 auteurs.
12 peintres et photographes.
212 pages.
Papier couleur.
En ligne courant septembre 2021.

De nombreuses surprises figureront au sein des textes.

Il sera bien sûr disponible sur notre site de vente en ligne : https://editionshexen.bigcartel.com.

Evidemment aussi dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre… A bientôt pour davantage de précisions. Et bien sûr, nous organiserons un mémorable Cabaret Hexen pour fêter cette publication ! Nous comptons sur vous !

Daumal & The Doors

« Je connais déjà ta saveur, je connais l’odeur de ta main, maîtresse de la peur, maîtresse de la fin.

J’ai touché déjà tes os à travers ta chair sans âge pétrie d’insectes millénaires et de calices de fleurs futures.

J’ai dormi depuis les déluges, j’ai dormi

au fond de toi, sur ton épaule, j’ai dormi sans nom —

ta poitrine n’a pas changé,

l’air de la vie n’a plus le nerf de m’éveiller —

ne me nomme jamais, ne me réveille pas ;

tes poumons immobiles ont désappris aux miens

à respirer le souffle faible de ce monde

le mourant ! car il agonise dans les trompettes,

les pluies battantes, et qu’il crève, le géant faible,

monde vieillard qui s’époumonne

dans le feu pâle auréolant ta tête,

cette lueur, ô veilleuse aveugle des morts, pensante

sans sommeil au fond des rêves

loin de l’huile de la vie,

endormeuse, nous avons ensemble ce secret

que je t’ai pris au carrefour martelé de lune;

souviens-toi, tu étais habillée en petite fille,

tu guettais sur les dalles, la bouche sur ton secret.

Souviens-toi, je t’ai prise aux cheveux,

tu as desserré les dents,

souviens-toi, pour moi, pour moi seul,

parce que j’avais tout trahi pour toi

— oui, messieurs de la fumée et de l’ombre,

je vous ai trahis tous pour elle ;
[…]

je l’ai trahie et j’ai trahi le monde pour elle,

pour cette enfant que de vie en vie je retrouve,

î’endormeuse sans sommeil,

la veilleuse de la fin — ô ma mort!

tu as desserré les dents :

la boule, le feu, l’astre de gorge,

la convulsion folle derrière tes lèvres,

indéfiniment derrière tes dents, ce mur

où tant d’autres se cassent la tête,

… et ce que je ne puis dire…

Mais à qui parlerais-je ? toute oreille, tout œil

sombrent dans le silence et la nuit sans mémoire.

Tu veilles seule, enfant des baumes,

mort du carrefour, bois mon sommeil,

ne laisse rien de moi,

je suis seul à t’avoir vue plus présente qu’elles,

les fumées femelles,

les rôdeuses qu’un vrai regard dissipe,

je t’aime plus loin qu’au fond des rêves,

maîtresse de la peur,

maîtresse de la fin,

ne m’éveille plus,

ne me nomme plus. »

René Daumal
– The Doors / You’re Lost Little Girl