Michel Bulteau : fragments

«Nous nous levons et regardons le ciel. Nous entendons les rires inélégants. Qu’y pouvons-nous ? La nuit n’est pas encore tombée. Autour de nos bras, tout est parfait […]
Peu de bruit dans la ville. Où est donc Henri Michaux ce soir ? Je ne doute pas qu’il passe une excellente soirée.»

«Ce foutu interne qui fournissait la came à Charlie Parker a disparu avec la liste de mes médicaments. Être relâché dans la vie m’inquiète. Il revient enfin avec ses chaussures pointues, me prescrit une prise de sang dans une semaine puis dans un mois. On a tripatouillé mon corps mais c’est l’esprit qui déraille le plus. »

« Mes yeux battent comme des tambours de guerre. Mes yeux sont incrustés d’étoiles et mon cerveau, pareil à un cercueil transparent, se déplace sur le tranchant d’un couteau.
J’ai enterré mes veines. J’ai couru à peine plus vite que la mort. »

« L’écriture c’est la mémoire. Nous écrivons autour d’une mutilation et du soleil. »

Michel Bulteau, né à Arcueil, le 8 octobre 1949.

Photographie : © Sophie Couronne