Paul Celan – Froncés de nuit

Froncés de nuit

Pour Hanna et Hermann Lenz

Froncés de nuit
les lèvres des fleurs,
croisés et enchevêtrés
les fûts des grands pains,
grisaillée la mousse, ébranlée la pierre,
réveillés pour le vol glacial :

c’est la contrée où
font une pause ceux que nous avons rattrapés :

ils ne nommeront pas l’heure,
ne compterons pas les flocons,
ne suivront pas les eaux jusqu’au barrage.

Ils seront là dans le monde, à part,
chacun seul auprès de sa nuit,
chacun seul auprès de sa mort,
hargneux, nu-tête, givré
de proche et de lointain

Paul Celan – Pavots et Mémoire
Photographie : « The tunnel » – @alexalloulphoto

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