L’annulaire – Yōko Ogawa

« [ …] je mettais mes escarpins de cuir noir tous les jours pour venir au laboratoire. Il me semblaient un peu lourds à porter avec mes tenues d’été de couleur claire, mais pour ne pas trahir la promesse échangée avec lui dans la salle de bains, je ne pouvais échapper au curieux ensemble qu’ils formaient avec ma robe de lin blanc.

En me chaussant le matin, la pression de ses doigts sur mes jambes, me revenait, c’était une drôle de sensation, pas vraiment douloureuse, mais qui m’entravait.

Les escarpins étaient légers, agréables à porter. Seulement, il m’arrivait parfois, l’espace d’un instant, de sentir mes pieds entièrement aspirés. A ce moment-là, j’avais l’impression que M. Deshimaru retenait mes jambes entre ses bras fortement serrés.

A partir de ce jour-là, nous avons pris l’habitude de nous retrouver régulièrement dans la salle de bains. »

Yōko Ogawa, L’Annulaire, Actes Sud, 1994

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